Oubliez le silence pesant des arrêts maladie, où l’on imagine que l’activité professionnelle s’interrompt totalement. La réalité est bien plus nuancée : certains choisissent d’occuper ce temps pour consolider leurs acquis ou explorer de nouveaux horizons. Pourtant, cela ne se fait pas sur un coup de tête : il faut naviguer entre règles, précautions et démarches parfois méconnues pour pouvoir se former sans risquer ses droits.
Les conditions de la formation pendant un arrêt maladie
La possibilité de se former durant un arrêt maladie n’est pas une chimère : aucun texte n’interdit à un salarié de profiter de cette parenthèse pour enrichir ses compétences. Mais attention, la liberté a des contours précis. La santé passe d’abord, et toute initiative doit se conformer à l’état du moment et aux recommandations du médecin. Caroline, par exemple, a dû composer avec cette réalité. Avant de l’autoriser à s’inscrire à une formation, son médecin traitant a fixé ses propres garde-fous, veillant à ce que l’effort reste compatible avec la guérison.
L’assureur maladie, de son côté, ne tolère aucune opacité. Toute démarche de formation doit lui être signalée, sous peine de voir les indemnités journalières remises en question. Magali s’en est sortie sans dommage parce qu’elle avait joué la carte de la transparence. Pour les personnes avec une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), des dispositifs spécifiques existent, permettant d’adapter le contenu et le rythme à leur situation.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste accessible pendant un arrêt. Salariés et demandeurs d’emploi peuvent l’utiliser pour financer des formations qualifiantes, certifiantes ou amorcer un virage professionnel. Ce dispositif fait le lien avec l’univers du travail, tout en ouvrant une fenêtre vers l’avenir.
Les démarches pour suivre une formation pendant un arrêt maladie
Impossible d’avancer sans l’accord du médecin : son autorisation conditionne la suite. Une fois ce sésame en poche, informer l’assureur maladie devient indispensable pour sécuriser le maintien des indemnités.
Le CPF s’active en quelques clics sur la plateforme dédiée. Magali a utilisé ce levier pour sélectionner et financer sa formation. Ceux qui disposent encore de droits issus du DIF peuvent également les mobiliser, à condition qu’ils aient bien été transférés sur leur compte.
Les formalités diffèrent selon le type de formation. Les organismes proposant des cursus certifiants assistent généralement le salarié dans toutes les étapes administratives. Pour un bilan de compétences, l’accompagnement se fait souvent avec un conseiller en évolution professionnelle. Un point de vigilance : sauf accord explicite de l’employeur, la formation doit s’organiser en dehors des horaires de travail habituels. Caroline a ainsi pu suivre une session financée avec ses droits DIF, sans remettre en cause son arrêt.
Les financements pour une formation pendant un arrêt maladie
Plusieurs solutions de financement existent, parfois complémentaires. Elles permettent de construire un projet solide et adapté à chaque situation. Voici les principaux leviers :
- L’Agefiph en cas de handicap : Magali a obtenu un accompagnement spécifique et un soutien financier par ce biais.
- L’employeur peut prendre en charge tout ou partie des frais pédagogiques : c’est ce qui s’est passé pour Caroline, employée dans l’industrie aéronautique.
- Le maintien des indemnités par l’assureur maladie, si la formation a reçu l’aval médical et administratif.
- Le CPF, utilisable pour financer de nombreuses formations, via la plateforme dédiée.
Cette diversité de solutions permet à chacun de façonner son parcours en fonction de sa trajectoire professionnelle et de sa situation personnelle. Se former ne signifie pas perdre ses droits ; au contraire, cela permet de préparer l’avenir tout en assurant la sécurité financière pendant la convalescence.
L’impact de la formation sur le parcours professionnel après un arrêt maladie
Utiliser le temps de l’arrêt pour apprendre, c’est parfois s’ouvrir à un nouvel horizon professionnel. Caroline, après quelques mois passés à l’École des Gobelins à Paris, est revenue avec un bagage renouvelé. Son profil a gagné en force, ce qui lui a permis de s’orienter vers le social media management.
Pour Magali, la bascule fut tangible. Une formation en communication digitale plus tard, elle a signé un CDI comme conseillère en évolution professionnelle dans une association spécialisée dans l’accompagnement post-cancer. Sa trajectoire montre que cibler et préparer sa formation, c’est mettre toutes les chances de son côté pour rebondir et retrouver une stabilité après la tempête.
Transformer l’arrêt en tremplin, c’est faire d’une épreuve un départ vers autre chose. Le retour au travail n’est plus subi, il se construit avec des compétences nouvelles, un regard différent sur ses capacités et parfois des envies inattendues. La reprise peut marquer le début d’un chapitre inédit : il suffit parfois d’un feu vert médical pour que l’avenir prenne une nouvelle direction.


