Se former durant un arrêt maladie : quelles sont les démarches possibles ?

2959

Oubliez le silence pesant des arrêts maladie, où l’on imagine que l’activité professionnelle s’interrompt totalement. La réalité est bien plus nuancée : certains choisissent d’occuper ce temps pour consolider leurs acquis ou explorer de nouveaux horizons. Pourtant, cela ne se fait pas sur un coup de tête : il faut naviguer entre règles, précautions et démarches parfois méconnues pour pouvoir se former sans risquer ses droits.

Les conditions de la formation pendant un arrêt maladie

Rien, dans la loi, n’interdit à un salarié de se former durant un arrêt maladie. Mais cette liberté a ses limites : priorité à la santé, compatibilité avec l’état du moment, et respect des prescriptions médicales. Caroline, par exemple, s’est retrouvée confrontée à ces arbitrages. Son médecin traitant a posé des conditions claires avant de signer son inscription à une formation : il s’agissait de s’assurer que l’effort demandé n’allait en rien compromettre sa guérison.

L’assureur maladie attend aussi d’être informé de toute initiative, sous peine de conséquences désagréables côté indemnités journalières. Magali, qui avait bien préparé ses démarches, a pu préserver ses droits en privilégiant la transparence. Pour les personnes reconnues en qualité de travailleur handicapé (RQTH), certaines modalités spécifiques existent, permettant d’adapter la formation aux besoins particuliers.

Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste mobilisable, même en plein arrêt. Salariés et demandeurs d’emploi peuvent y recourir pour financer des modules qualifiants, certifiants ou pour préparer une reconversion. Ce dispositif maintient un lien avec le monde du travail, tout en offrant de vraies perspectives de rebond au moment du retour.

Les démarches pour suivre une formation pendant un arrêt maladie

Première étape incontournable avant d’aller plus loin : l’accord du médecin. Son feu vert conditionne toute la suite. Dès cet appui en main, la règle reste de notifier l’assureur maladie pour protéger le versement des indemnités.

L’accès au CPF ne demande qu’un court passage sur le site dédié. Magali s’en est servi pour sélectionner et financer sa formation. Les droits hérités de l’épisode DIF, pour ceux qui les détiennent encore, se mobilisent aussi, à condition qu’ils n’aient pas disparu lors du transfert vers le CPF.

L’administratif diffère selon la voie suivie. Pour les cursus certifiants, la plupart des organismes aident le salarié dans l’ensemble des formalités. Lorsqu’il s’agit d’un bilan de compétences, le suivi se fait très souvent avec un conseiller en évolution professionnelle. À ne jamais négliger : sauf dérogation express de l’employeur, la formation doit rester en dehors des horaires habituels de travail. Caroline a pu suivre une session, financée par son DIF, sans jamais déroger à son arrêt de travail.

Les financements pour une formation pendant un arrêt maladie

Divers leviers de financement se présentent selon la situation de chacun. C’est en les combinant que des parcours solides se dessinent. Voici ce qui peut être envisagé :

  • L’Agefiph pour les situations de handicap : Magali a bénéficié d’un accompagnement et d’un soutien financier dédiés via cette voie.
  • L’employeur, qui peut prendre en charge tout ou partie des frais pédagogiques, c’est ce qui s’est passé pour Caroline dans l’industrie aéronautique.
  • Le maintien des indemnités par l’assureur maladie, du moment que la formation a reçu une validation médicale et administrative.
  • Le CPF, activable pour financer des formations variées, via la plateforme prévue à cet effet.

Grâce à cette diversité, chacun peut bâtir son propre projet, en fonction de sa réalité professionnelle et personnelle. La formation ne coupe pas le salarié de ses droits ; elle lui permet d’ajuster son parcours, tout en sécurisant sa situation financière au fil de la convalescence.

formation arrêt maladie

L’impact de la formation sur le parcours professionnel après un arrêt maladie

Utiliser la période d’arrêt pour se former, c’est parfois s’offrir un véritable second souffle professionnel. Caroline, après quelques mois passés à l’École des Gobelins de Paris, a vu son profil renforcé, avec à la clé une crédibilité accrue pour s’orienter vers le social media management.

Pour Magali aussi, le virage fut concret. Une formation en communication digitale plus tard, elle décroche un CDI comme conseillère en évolution professionnelle au sein d’une association dédiée à l’après-cancer. Son parcours l’illustre bien : préparer et cibler sa formation, c’est se donner toutes les chances d’une reconversion et d’une stabilité retrouvée après l’épreuve.

Transformer la période d’arrêt en levier, c’est faire d’un moment difficile le point de départ d’un véritable changement. Le retour à l’emploi, loin d’être subi, se prépare alors avec des compétences nouvelles, un regard différent sur soi, parfois même des envies insoupçonnées. L’élan du renouveau n’attend qu’un signe : parfois, il s’écrit au cœur de la convalescence.